88 jours de picking d’oranges

Pour pouvoir obtenir une seconde année de visa en Australie, il faut effectuer 88 jours de travail dans le secteur de l’agriculture, du minage, ou de la construction. Voilà pourquoi je me suis retrouvée à cueillir des oranges et des mandarines pendant 3 mois à Mildura, Victoria.

Trouver une ferme

La première étape était de trouver un job éligible pour le second visa. Il faut prendre en compte le code postal, la ferme en elle-même, être sûr d’avoir un patron réglo, idéalement bien payé, et pleins d’autres détails car les conditions d’acceptation du visa sont assez strictes (tout en étant floues, notamment dans le calcul des jours). Tout ça sans compter que je n’avais pas de véhicule et que je préférais éviter de dormir en tente si je passais 8h de ma journée dans les champs. J’ai fini par trouver le contact du caravan park de Nangiloc sur un groupe facebook.

Le patron du lieu est ce qu’on appelle un contractor, c’est à dire qu’il s’occupe de contacter des différents fermiers pour trouver du travail aux Backpackers, mais c’est lui qui nous gère et qui nous paye.

Le travail

Généralement on commençait par les mandarines le matin puis dès que les orangers étaient secs, on allait ramasser les oranges. Cueillir des fruits n’est pas compliqué en soit, mais épuisant. D’autant plus que l’on était payés au rendement, c’est à dire qu’on devait remplir des caisses à l’aide de sacs kangourous que l’on porte à l’avant du corps. On avait des échelles de plus de 3m à porter pour grimper dans les arbres et attraper les fruits en hauteur. Une caisse d’orange était payée 30$, celle de mandarines 90$. Seule je mettais entre 1h et 1h30 pour les oranges et 3 à 4h pour les mandarines. Sachant qu’il y a les déplacements dans les fermes, les pauses pour manger, que certains arbres sont plus ou moins grands / remplis de fruits / avec des épines etc, j’avais un salaire correct, mais rien d’exceptionnel. On était libre d’écouter notre musique, de prendre nos pauses quand on voulait, et d’être plus ou moins rapides selon les jours, de toute façon notre paye en dépendait.

Une caisse de mandarine remplie, pesant approximativement 300kg.

Et ça 8h par jour, 6 jours par semaine.

J’y ai travaillé de mai à août, soit pendant l’hiver australien, et j’étais dans le sud de l’Australie, là où il fait le plus froid. Il y a eu des nuits froides malgré le chauffage et des débuts de journée avec des températures négatives où il fallait dégivrer le pare-brise.. Je ne pensais pas vivre ça au pays des kangourous !

Les conditions de vie

J’étais logée dans un mobil’home entièrement aménagé que je partageais avec une amie, c’était largement suffisant et pas très cher. Certains autres vivaient en tente ou en van. Pour faire nos courses et nos machines il fallait aller dans la prochaine ville à 30min de là où on vivait, et fallait donc un véhicule. Au début je voyageais avec d’autres backpackers, puis le patron m’a prêté sa voiture que je pouvais utiliser quand je voulais avec d’autres personnes.

Laundry time

Au caravan park on était une 20-30aine de pickers suivant les semaines. Il y avait une majorité de backpackers qui étaient là pour valider leur second visa, mais aussi des « pro » australiens qui viennent ici tous les ans. Tous les vendredi soir, avant le jour de repos, on se rejoignait soit autour d’un feu soit dans une cabine pour faire la fête ensemble. L’ambiance était relax entre tout le monde, pas trop fétard pour bien bosser, mais pas trop mort non plus. Et heureusement car quand on est au milieu de nulle part mieux vaut être entourés de gentils humains avec qui rigoler !

Nangichella (Nangiloc + Coachella, on s’amuse comme on peut !)

Au final

Pendant ces trois mois j’ai eu le temps de voir le temps passer, les journées se ressemblent, c’est long, fatiguant, des fois on se blesse (notamment une belle chute depuis le haut de mon échelle qui m’a tordu le poignet).. Mais maintenant que c’est terminé, je suis plutôt fière de moi et je me dis que c’est quand même passé vite ! J’ai ramassé plus de 48 tonnes d’oranges et 14 tonnes de mandarines à moi toute seule. C’était une bonne expérience de voir comment sont traités et cueillis les fruits, et de les avoir gratuits (j’aime pas les oranges.. ahah, mais on avait accès à des avocatiers, des brocolis etc). J’ai fait des belles rencontres et il y avait peu de français donc j’ai pu pratiquer mon anglais au quotidien. J’ai eu la chance d’avoir un boss génial, réglo, et drôle.

Et surtout, me voilà partie pour un second visa en Australie !

Mon boss Terry
Coucher de soleil magnifique comme presque tous les soirs
Quand la tempête se prépare
Double arc-en-ciel après la pluie

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